Bonjour,
Suite aux attaques de « jeunes c,,, » sur rugby amateur passé et vécu, après la sortie de l'ouvrage « Rugby Connection », je joins un extrait pour que vous puissiez vous faire un avis. Commentaires venant la plus part du temps de personnes n'ayant jamais fréquenté les vestiaires. Alors s'ils n'aiment pas le vrai rugby de base, qu'ils n'achètent pas de livres sur ce sujet et qu'ils continuent à ne regarder que les matchs des pros!!!.
N'hésitez pas à laisser vos commentaires si vous appréciez ou pas ce genre de littérature.
VESTIAIRES
Endroit secret où la médecine
Fait place à la créativité.
Où la vapeur opaque de la sueur
Remplace la clarté des idées.
En bref,
L’institut Pasteur de ce sport.
On y est ! 14 heures 45. Mes comparses sont tous là. Sur le banc des vestiaires embrumés par la transpiration due à l'échauffement, chacun y va de sa préparation miracle.
"La boulange", mon binôme à l'avant, croque à pleines dents une gousse d'ail crue.
- Putain con que ça pue ! T'es pas con ! On va pas y tenir au premier maul. (pour info, le "con" n'est autre que la ponctuation de la langue du Sud-Ouest).
- C'est mon grand-père qui m'a refilé la recette. Y paraît qu'en face ça va les faire gerber !- me répondit-il.
- Et nous tu y as pensé ?
- Ha, merde ! - Me dit-il en réalisant.
Complètement ahuri par sa bêtise, je feins de l'ignorer pour me concentrer sur cette finale à venir et je regarde devant moi. S'y trouve ma seconde ligne gauche, dit «Fonfon ». Oui, je sais, c'est surprenant. Mais chez nous, chacun est affublé de son surnom, Pratique qui se perd et cela est bien dommage !
Il prit une gorgée de "Synthol" et commença à se gargariser. Et vas-y que glouglou d'un côté et glouglou de l'autre et que je te racle les amygdales...
Les billes grandes ouvertes, médusé par ce que je voyais, j'attendis qu'il recrache le tout entre ses jambes pour lui poser une question :
- Je vais sûrement te demander une évidence, mais tu peux m'expliquer ton apéro ?
La bouche en feu, il me répondit avec un certain aplomb :
- Tu connais pas ? Paraîtrait que ça t'endort les gencives et que tu ressens pas les marrons ?
Bon sang ! Il faut que je me pince ! Où suis-je ? Ce n’est pas possible, je suis passé dans la quatrième dimension !
La tête dans les genoux, j'ose plus les regarder. Choisir entre rire et pleurer, ma concentration fout le camp.
La délivrance arrive de notre entraîneur qui se poste sur le côté de la porte et hurle :
- Allez les gars, allons leur faire crier maman !
À ce mot de ralliement, on se lève pour sortir de l'univers des Bogdanov.
Enfin le croyais-je !
Au passage de chaque joueur, l'entraîneur, dit «Jeannot » nous réconfortait avant le choc par un petit mot personnel.
- L’épargne, ce coup-ci, tu te laisses pas péter la tronche à la première mêlée, ok ? - Lui, c'était le seconde ligne droite.
À un autre, surnommé « petit pois » qui en temps normal possédait des doubles foyers, sur ce que l'on pouvait appeler "nez" malgré une forme un peu bizarre :
- Je sais que tu le vois arriver qu'au dernier moment, mais aujourd'hui tu t'appliques à le choper !
Je ne savais pas s’il lui parlait du ballon ou du « gazier » d’en face, comme on les surnommaient, eux. Il n’était pas trop technique mais pour notre âge, il possédait pas mal d'atouts. Un mètre quatre-vingt-quinze pour cent cinq kilos et des battoirs à vous assommer un bœuf !
À mon passage, je me doutais à l'avance de la petite phrase sympathique qui m’attendait :
- Bon, aujourd'hui tu fais pas l'con! Vas pas te chauffer les feuilles avec un gazier ! - Encore un. Je ne vous dis pas si on avait joué l'équipe de GDF !
- Il y a du beau monde dans les tribunes ― continua t-il ― et cela est valable pour vous tous. Le premier que je chope à balancer une poire, je lui fais porter l'éponge jusqu'à perpette !